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J'ai découvert le roman de Daniel Glattauer Quand souffle le vent du nord grâce à Georgia (blogueuse-youtubeuse Georgiasecrets). Le résumé qu'elle a fait de ce roman m'a interpellée et j'ai donc acheté Quand souffle le vent du nord.

Emmi Rothner, abonnée au magazine Like qui ne lui convient plus, souhaite résilier son abonnement. Elle fait une faute de frappe dans l'adresse mail... AU lieu d'envoyer sa demande à woerther@like.com elle l'envoie à woerter@leike.com. Commence alors un échange courtois et furtif entre Leo Leike et Emmi Rothmer.

 

elle9 mois plus tard, Emmi envoie un mail groupé  à tous ses contacts pour présenter ses voeux de fin d'année. Ce qu'elle ignore, c'est que l'adresse de Leo Leike figure parmi ses contacts. Leo rebondit alors sur ce manque de personnalité et de personnalisation du message. L'échange courtois entamé neuf mois auparavant redémarre ici avec beaucoup plus de causticité et de sarcasmes. L'échange frôle parfois même l'agressivité de part et d'autre. Et puis les deux épistoliers calment le jeu et se surprennent à apprécier cet échange.

luiLe roman repose exclusivement sur l'envoi de mails des deux protagonistes. La relation entre les deux évolue. Ils deviennent des amis proches, des amis intimes, se découvrent des points communs et des atomes crochus. Ils se donnent alors rendez-vous pour percer le mystère réciproque qui entoure l'autre. Pour corser le jeu, pour le rendre féerique magique, fantasmatique, ils ne se décrivent pas et se refusent à se donner un signe de reconnaissance. L'horaire du rendez-vous est assez imprécis. Ils doivent s'en remettre au hasard, à la destinée. Ils seront censés se reconnaître. Si cela arrive, c'est que leur Rencontre était écrite quelque part. Sinon... tant pis.

Le roman insiste avant tout sur la relation fantasmée avec un inconnu et l'idéalisation permise par l'écran qui masque cet autre qu'on peut alors imaginer et façonner à sa guise. Par écrans interposés, les deux personnages idéalisent cet autre qui se planque derrière des mails. La virtualité de la relation tend à rendre l'Autre idéal, parfait. C'est pourquoi on peut noter un certain refus de la réalité qui viendrait annihiler le fantasme et mettre à mal la vision enjolivée de cet autre. La rencontre réelle, entre les deux, se voit alors toujours différée.

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Même si ce n'est pas de la grande littérature, si la trame a déjà été exploitée par de multilples auteurs, cinéastes, ce roman est plutôt agréable à lire. Je n'ai jamais rechigné à lire ce roman de Daniel Glattauer. Quand souffle le vent du nord est un roman qui se veut frais (sans jeu de mot pourri), souvent désopilant, quelquefois poétique et empreint d'une certaine mélancolie. Le thème est bien traité et on ne verse jamais dans le pathos. Le roman de Glattauer se rapproche sensiblement du roman de Katherine Pancol: Un homme à distance. On retrouve l'échage épistolaire, sentimental et cynique et parfois désabusé.

L'histoire est assez bateau. Le style ne casse pas des briques mais ce qui m'a fait flancher c'est justement la relation épistolaire. J'adore les romans par lettres et l'épistolarité est un mode d'écriture que j'affectionne grandement parce qu'elle donne un cachet à n'importe quel roman qui aurait pu n'être que banal et fade. J'aime les lettres, les messages, la communication écrite. C'est d'ailleurs le moyen que j'utilise le plus pour m'exprimer. J'ai la parole réticente. Je suis plutôt réservée et l'écran (d'un téléphone, d'un ordinateur) me donne l'illusion de me préserver. L'écran me permet la distance, le recul pour pouvoir dire bien, dire juste, ce qui se trame à l'intérieur. lettre

Je suis fascinée par les correspondances puisqu'elles permettent à la fois d'entrer dans l'intimité des épistoliers tout en gardant un certain mystère que seuls ceux qui s'écrivent peuvent comprendre et cerner. C'est peut-être mon petit côté "voyeuse"... Oups!

Quoi qu'il en soit, si vous êtes plutôt friands d'histoires douces, le roman de Daniel Glattauer est sûrement fait pour vous.

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