MADEL

J'aurais pu intituler cet article: les madeleines de Proust (trop banal), les madeleines de Marcel (trop attendu), les madeleines de la recherche du temps perdu (un peu long).

Les madeleines de Combray est un bon compromis. On peut croire à une madeleine spécifique alors que non... Combray est juste le village d'enfance de notre cher et tendre Marcel. L'épisode de la madeleine, si je ne m'abuse, se situe dans la partie "Combray".

Evidemment, je ne peux pas parler de madeleine sans évoquer un de mes auteurs chéris. Aujourd'hui, il ne sera pas question de littérature. Enfin presque pas. Mais de cuisine.

Ingrédients

* 3 blans d'oeufs                                        * 100g de beurre

* 40 g de farine                                          * 100g de sucre glace

* 60g de poudre d'amandes                         * 1 pincée de sel

Touche personnelle: un petit peu de miel

I. La préparation

*Préchauffer le four à 190°.

* Dans un saladier, mélanger la farine, le sucre et la poudre d'amandes.

*Faire fondre le beurre avec le miel et ajouter cette préparation au mélange farine-sucre-poudre d'amandes.

*Monter les blancs en neige avec le sel.

* Ajouter petit à petit les blancs à la préparation en mélangeant délicatement.

MADELEINEMOULE

 II. La cuisson

1. Verser la pâte dans des moules à madeleines.

2. Enfourner 10 minutes.

3. Laisser tiédir les madeleines avant de les

démouler.

Et voilà, vous pouvez les tremper dans du thé pour vous la jouer à la "Marcel"

"Il y avait bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse: ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D’où venait-elle? Que signifiait-elle? Où l’appréhender? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m’apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m’arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n’est pas en lui, mais en moi." (Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann)

(c'était plus fort que moi...)

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