On peut dire qu'avec cette lecture, je sors de ma zone de confort: je ne suis pas friande des trilogies, je n'aime pas beaucoup les pavés (pas pour la longueur mais pour la lourdeur: difficilement transportables, impossible de les tenir à bout de bras...) et encore moins des romans noirs et autres thrillers. J'ai cumulé ces trois éléments... et, comme en maths, moins par moins donnant plus, j'ai adoré le premier tome de la trilogie Millénium de Stieg Larsson: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes.

 Plusieurs histoires en parallèle...

Le roman commence par un prologue énigmatique: un homme reçoit chaque année à une date précise des fleurs séchées depuis plus de trente ans. Un policier sur le départ n'aura jamais trouvé d'explication plausible.

 

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Et puis le roman commence sur un procès. Un journaliste de la revue MilléniumMickael Blomkvist est accusé de diffamation et est condamné à faire  de la prison. Suite à une enquête sur des "mafieux" économiques, des ripoux de première, il tombe dans un piège qui le mène à publier des propos dont les sources auront été corrompues. D'où la diffamation. Il décide de ne plus travailler au journal. Parallèlement, Henrik Vanger qui a connu le père de Blomkvist va lui demander d'enquêter sur une disparition datant de plus de trente ans et lui promet en échange de lui livrer en pâture celui qui est à l'origine de son procès pour diffamationHarriet Vanger, la nièce d'Henrik a disparu à l'âge de 17 ans. Henrik soupçonne un membre de sa famille. Une famille plutôt gratinée: des anciens pro-nazis, des violeurs, des tabasseurs, des dingues, des mauvaises langues, des nymphomanes...

 

milleniumParallèlement encore, nous avons l'histoire de Lisbeth Salander: une jeune fille mystérieuse, très sombre, un peu désaxée, déclarée officiellement sociopathe/à la limite de la débilité... Pourtant il s'avère qu'elle est une enquêtrice hors pair embauchée dans une entreprise de sécurité. Tout le monde pense qu'elle y fait le ménage et ne sert que des cafés mais officieusement, tout le monde ignore qu'elle résout les enquêtes. Elle est sous tutelle et son tuteur est un pourri qui la viole, la menace, la malmène. Mais de ces sévices, elle ne dira rien. Lisbeth ne demande pas d'aide, elle réussit seule. Elle se venge, se défend avec ses propres armes: c'est-à-dire la violence et règle l'injustice à coup de loi du Talion. 

 

Une enquête qui rapproche les divers personnages.

 Dans le cadre de son travail, on demande à Lisbeth des informations concernant Blomkvist qui lui enquête pour Henrik. Dans le cadre de son enquête, Blomkvist aura affaire à l’entreprise de sécurité dans laquelle travaille Lisbeth et comprendra qu'elle a enquêtée sur lui...d'une drôle de manière. Comprenant les dons de la jeune femme et les moyens utilisés, Blomkvist va demander à Lisbeth de résoudre avec lui l'énigme d'Harriet Vanger. On les voit découvrir la sacrée famille Vanger. Au fil de l'investigation, on voit les membres de cette famille se montrer plus qu'hostiles. Personne n'a vraiment envie que l'on découvre ce qui est arrivé à Harriet. Le fait qu'un journaliste et une nana frappadingue se chargent de remuer le passé, d'ouvrir des dossiers complexes et obscurs ne rassure personne. On leur fera savoir...de manière plus ou moins horrible.

 

C'est assez complexe à résumer dans la mesure où les différentes histoires menées en parallèle trouveront toujours des façons de se recouper et que l'auteur manie avec subtilité et brio les effets d'attente et de tension qu'il est délicat de dévoiler quelques-uns des fils de l'histoire. A la fin du livre, on peut enfin rapiécer le puzzle, comprendre le fin mot de l'histoire.

 Pour la première fois de ma vie, je n'arrive pas à dormir la nuit parce que j'ai terriblement envie de connaître la suite. Je n'ai aucun souci d'insomnie d'ordinaire. C'est très rare quand je me réveille au milieu de la nuit. Il s'est vraiment passé un truc avec ce bouquin. Ce n'est pas écrit superbement mais pour une fois je m'en fiche. L'auteur réussit ce tour de maître de maintenir en haleine, de créer cet effet d'attente. Avec cette trilogie, j'ai eu l'impression de retrouver les effets qu'avaient mes lectures d'adolescente. A 15 ans, j'étais très fan des romans policiers "série noire" (Les enquêtes de Patsy Kelly d'Anne Cassidy) et j'ai retrouvé le goût de cette lecture palpitante au cours de laquelle tu t'interroges comme les enquêteurs, tu as peur pour les personnages, tu angoisses à l'idée de ce qui peut se passer. Et c'est une impression que j'avais oubliée et avec la quelle j'ai renoué avec délectation.