IMG_20161230_143407542La bibliothèque des coeurs cabossés est un roman d'une auteure Suédoise Katarina Bivald. Les seuls romans suédois que j'ai lus jusqu'à ce jour sont ceux de Stieg Larsson (Millénium 1, M2 et M3) et celui de David Lagergrantz (Millenium 4). Je savais qu'en ouvrant La bibliothèque des coeurs cabossés, je n'aurais jamais affaire à une intrigue aussi haletante et sombre. 

Le personnage principal est Sara, une jeune suédoise, amoureuse des livres qui ne vit pas, ne s'ouvre pas au monde. Le seul univers qu'elle accueille est celui de la fiction, du roman. Et les seules personnes avec qui elle partage son quotidien sont ou des personnages fictifs ou des romanciers et romancières morts et dans le meilleur des cas... des romanciers vivants mais absents, virtuels. Elle se serait appelée Jane Austen ou Emma Bovary, cela ne m'aurait pas choqué le moins du monde. Revenons à notre protagoniste un peu sauvage... Elle se noue d'amitié avec une femme qui existe bel et bien. Mais leur relation amicale est à distance puisque Amy vit aux Etat-Unis. Elles ont une relation épistolaire enrichissante au cours de laquelle Amy invite Sara dans sa petite "ville" (le mot bourgade aurait suffi): Broken Wheel. Le roman commence par le voyage de Sara aux Etats-Unis. Quand elle arrive chez Amy, on lui apprend que celle-ci est décédée. 

160_F_97188077_Tfu7cGqqJ2gYqgYDm7C82oK8KSj81C9LPeu à peu, Sara va faire connaissance des habitants (une petite dizaine) qui étaient relativement proches d'Amy. On voit Sara évoluer dans ce monde étranger qu'elle connaissait pourtant bien grâce aux multiples récits d'Amy dans ses lettres. Sans les avoir rencontrés, Sara savait tout de chaque personnage: des traits de leurs caractère à leur vie personnelle. Progressivement, elle prend ses marques dans Broken Wheel, tout en sachant qu'il lui faudrait repartir pour la Suède rapidement. Elle s'entend plus ou moins bien avec les personnages qui gravitaient autour d'Amy: craque pour Carl, tombe amoureuse de Tom, s'entend bien avec Andy le petit-ami de Carl...le quotidien banal d'une héroïne de chick-lit! De fil en aiguille, Sara veut rendre hommage à Amy et décide d'ouvrir une librairie qu'elle organise selon les goûts des gens de Broken Wheel, selon une classification toute particulière. Et puis, vient l'heure du départ de Sara; si, personne ne voyait d'un très bon oeil son arrivée, aucun d'entre eux ne se fait à l'idée de son départ imminent. Les habitants décident alors de la marier avec Tom. Cet épisode-là est drôle car il est terriblement fantasque et grotesque. L'épisode du mariage interrompu par les autorités et les dépositions de chaque habitant sont à se tordre de rire; cela m'a vraiment fait penser à la série The Nanny (Un nounou d'enfer) avec les gags, les personnages un peu dingues, excessifs...

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Pour ce qui est du reste, j'ai trouvé l'histoire sans grand intérêt et les personnages sans profondeur. Les personnages sont mal campés car d'ordinaire, je réussis facilement à les imaginer: je connais le son de leur voix, leurs caractères physiques, leurs tics... Et là, rien... les personnages étaient flous, vagues, sans grande consistance. Le seul personnage que j'ai pu mentalement dessiner, c'est Caroline, la pieuse, la coincée, l'américaine puritaine et pudibonde à l'état pur qui trouve un plaisir monstrueusement diabolique dans la littérature érotique gay! Le portrait de cette femme est drôle.

 

blondelunettesEnfin, si je dois finir sur une note positive... ce qui m'a semblé juste et intéressant, c'est toute la réflexion sur la littérature. L'auteure ne se défend pas de faire de la chick-lit, elle l'affirme par moments. Elle pose la question de la bonne littérature, de la mauvaise, de notre rôle de lecteur. Elle questionne beaucoup aussi cette classification qui met les gens dans des cases et les enferme dans des stéréotypes. On est un peu conditionné par le "dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es". En gros, si tu lis Proust, tu es un intellectuel barbant; si tu lis de la chick-lit, tu es une gourdasse sans cerveau. J'ai lu et adoré L'accro du shopping et j'ai eu un engouement sans précédent pour La recherche de Proust. Cela fait donc de moi une intellectuelle sans cerveau ou/et une gourdasse barbante... 

BIBLIO

Katarina Bivald, par l'entremise des deux lectrices -Sara et Amy- fait vraiment des écarts entre les classiques et les romans de gare pour montrer que tout cela est affaire de jugement, de critique... mais peu importe au fond, puisque l'important est de lire et d'éprouver du plaisir. Elle fait référence aussi bien à Stieg Larsson, à Jane Austen, à Agatha Christie, à Marcel Proust, à Toni Morisson... et cela nous montre bien que la littérature est multiple et qu'elle nous permet de  nous aventurer dans divers horizons mais à aucun moment la littérature ne fait barrière ou n'est un clivage entre le bon et le mauvais. J'ai adoré toute cette démonstration.

 

Il y a effectivement des romans sympas, dont la dénomination "péjorative" humilie certains lecteurs. "Chick-lit" c'est quand même littéralement de la littérature pour poulettes... C'est un peu comme dans Odette Toutlemonde lorsque le critique littéraire (joué par Jacques Weber) dit qu'il y a une littérature pour les caissières et les coiffeuses et une autre pour les érudits. C'est aberrant cette ségrégation culturelle dont les critiques s'abreuvent. Même dans la vie de tous les jours, on rencontre ces snobinards.. Je ne vous raconterais pas ce qui se passe dans certaines salles des profs... gerbant. Et que dire des élèves qui s'excusent d'avoir lu tel auteur parce qu'on les a complexés de lire untel. Horrifiant!

Le point fort de ce roman, c'est l'intertextualité. Il y a des références par dizaines et par dizaines. J'ai lu certains opus, découvert certains noms d'auteurs... j'ai une liste longue comme le bras pour mes lectures de vacances...

Millénium de Stieg Larsson.  Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee.  Pêché mortel de C. Meyer. La couleur des sentiments de K. Stockett. Les quatre filles du docteur March de L.M Alcott. Autant en emporte le vent de M. Mitchell. Noeuds et dénouements d'A. Proulx. Tendre est la nuit de Fitzgerald. Elle savait de Lee Child. Eragon de Paolini. Toutes les familles sont psychotiques de Douglas Coupland. Walden de Thoreau. Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Gustaffson. Les raisins de la colère - Des souris et des hommes de Steinbeck.  Le dernier jour de ma vie de Lauren Oliver. La mandoline du capitaine Conelli de Levis de Bernières. Beach music de Pat Conroy. Beignets de tomates vertes - Un lieu béni de Fannie Flagg. For sale - Baby shoes - Never won d'Hemingway. La fille du général de DeMille. Le petit monde de Don Camillo de Dylan THomas. Les souffrances du jeune Werther de Goethe. Le temps d'un automne de Nicholas Sparks. Geography and plays de G. Stein. La mer, la mer d'I. Murdoch. Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates d'A-M Shaffer.  84, charring cross road.d'H. Hanff. Candide de Voltaire. A la recherche du temps perdu de Proust

Camilla Lackberg.  Les soeurs Brönte. Jane Austen. Villette. Hariet Beecher StoweErich Maria Remarque.Paul Auster. J-C Oates. Toni Morisson. P. Roth. O Wilde. Dickens. Dan Brown. Grisham. Terry Pratchett.  Georgette Meyer. Dick Francis. Agatha Christie. Sophie Kinsella.  GG Marquez. M Rothber. Moa Marnson

Bridget Jones. .La case de l'oncle Tom.  Harry Potter. Wilson tête de mou. La duchesse de Bloomsbury street. Le goût du chagrin. Dewey le chat de bibliothèque

lpbliresousAvec ce livre, je participe au challenge d'Enna: Le petit bac et celui de Philippe: Lire sous la contrainte