J'ai acheté l'ebook L'odeur de l'herbe après la pluie de Patrick Jacquemin pour le titre. Je l'ai trouvé poétique, bucolique, joli, proustien. Néanmoins, je n'ai pas compris le rapport entre le titre et le contenu. Erreur d'étiquettage?Erreur d'interprétation? Bref, je n'ai pas été transcendée.

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L'histoire s'ouvre sur le personnage d'Annabelle, femme d'affaires hors pair, THE working girl qui se voit quittée par son époux. Tout allait bien, tout était merveilleux, le bonheur total jusqu'à ce que l'homme de sa vie l'abandonne, la laissant démoralisée, désespérée... au fond du trou.

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Annabelle est si mal en point qu'elle décide de revenir aux sources, dans le village de sa jeunesse pour se mettre au vert et prendre du recul. La Parisienne va alors tomber en panne de voiture, de nuit, dans un village paumé. Elle décide donc de frapper à la première porte. Et c'est là qu'elle fait la rencontre qui marquera sa vie. Elle réveille donc un paysan septuagénaire, George. Un homme foncièrement bon, un paysan attaché autant à ses terres, à la nature qu'à ses animaux. Un homme minimaliste qui ne vit que pour l'essentiel et s'oppose diamétralement à Annablle, la citadine, businesswoman, qui ne trouve le bonheur que dans le profit, l'intérêt, l'argent et le superficiel. J'ai trouvé cela énervant de clichés: la citadine superficielle et intéressée versus le paysan profond (dans tous les sens du terme), un peu rustre, ignorant toutes les technologies... Cela m'a semblé réducteur, assez éloigné de la réalité et tellement commun. Le personnage de George est un pépé -pas papy- mais PP: paysan poète. Il lit, écrit, s'intéresse à tout ce qui ressemble de près ou de loin au lyrisme. 

pavot-sauvage-rouge-71797460George va donc initier Annabelle aux plaisirs de la vie et de la nature. Elle lui déballe ses états d'âme, lui pose des questions auxquels il n'a pas de réponses. Ou du moins une seule: il lui propose d'en parler aux coquelicots. Mais bien sûr... C'est d'aielleurs reconnu par tous les médecins-psychologues-agriculteurs: quand on va mal, il faut allez tailler le bout de gras avec nos amis les coquelicots. Bon s'il n'y avait que cela, cela aurait été à peu près acceptable... mais là où l'affaire se corse et que le bât blesse c'est que les coquelicots vont délivrer un message à Annabelle qui les a interrogés. Outre le fait de parler, les coquelicots rimaillent. Et oui!!! Tout cela est métaphorique, sans doute; même si j'adore la poésie, les histoires imagées, symboliques... là je n'ai pas été happée par ce récit.

Après quelques temps, on fait un bond dans l'avenir où l'on retrouve Annabelle, grand-mère. Et, la voici racontant son expérience mystique à sa petite-fille... qui est à la fois intriguée, sceptique, qui ressent autant de compassion, d'admiration, que de pitié pour sa grand-mère. Elle se moque gentiment de sa mamie, ne croit pas à ses histoires saugrenues mais garde malgré tout un fort attachement à son aïeule ainsi qu'une sincère fascination face aux historiettes de sa mère-grand...

--> Franchement... de ce livre, je ne retiendrai que le titre... L'odeur de l'herbe après la pluie. Le titre est fichtrement bien trouvé. L'odeur de l'herbe après la pluie. Dommage que le contenu n'ait pas été à la hauteur. L'odeur de l'herbe après la pluie...C'est quand même drôlement joli.

Ce livre valide une fois de plus le challene de janvier-février de Philippe: Lire sous la contrainte (déterminant + nom)

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