Je ne sais pas si on peut parler de "challenge", ou de défi, ou si l'on peut davantage parler d'une envie de recenser des articles autour de la littérature épistolaire.

J'ai toujours aimé le format de la lettre. Qu'il s'agisse de romans fictifs purement épistolaires, ou de publications de lettres réelles. Je m'aperçois que dans mon quotidien, l'envoi de lettres a toujours été primordial. J'aime écrire. J'aime surtout écrire à. Par dérivation, à l'heure actuelle, j'envoie davantage de mails; il n'empêche que je les soigne autant que mes lettres. Dès l'instant où j'écris à quelqu'un, que j'utilise le stylo ou le clavier, je me mets en posture d'écrivant, cherchant toujours la formule qui fera mouche, la tournure particulière qui fera son effet. Et, selon mes destinataires -plus particulièrement mes collègues  ces dernières années-, je mène à bien mon projet initial. 

J'aime la corrrespondance parce qu'elle dévoile beaucoup. Cependant, pour un lecteur extérieur, même si la lettre dit et dévoile, pour accéder au plein sens et à toutes ses nuances, ses références, il faut être dans l'intimité de l'émetteur. Chaque lettre n'a qu'un destinataire. Elle est intime, personnelle. Lorsqu'elle est publiée, elle devient alors lisible par tous mais pas forcément intelligible par tout le monde. C'est cette contradiction que j'aime. Elle dit, dévoile mais parfois elle ne peut faire qu'allusion à et là, seul le destinataire peut comprendre et être dans le secret, même si le lettre peut être accessible à tous.

Et puis... la lettre c'est l'expression de soi; c'est le lyrisme comme je l'aime. La poésie épistolaire, c'est l'écriture d'une subjectivité, de sentiments personnels, qui utilise parfois un langage universel pouvant parler à tous. Dans la lettre, on se livre, on se donne en pâture. Et j'aime cette intensité, cette intégrité. 

La lettre, c'est l'écriture de l'absence. On n'écrit pas à quelqu'un qui est en face de soi. La lettre pallie le manque de cet autre. Elle rapproche; elle met en co-relation deux êtres éloignés. La lettre, par métaphore, et le mail, littéralement, font écran. Ils forment la barrière, le masque derrière lequel on se planque. L'écran et le papier permettent l'expression plus large, plus exacerbée, plus libérée que la parole et la communication de visu. C'est cette pulsion ainsi libérée qui me plaît parce qu'elle va être honnête, entière. L'écriture épistolaire ou mailière, c'est la communication différée: celle qui ne peut avoir lieu, celle dont on refuse l'effectivité par peur, par pudeur.

entouteslettres

Très longue introduction pour en venir au coeur du sujet... le challenge en question. Je vais donc créer un "encart" sur ce blog qui sera consacré à l'écriture épistolaire.

Rentrent alors en ligne de compte:

- Les romans par lettres/ par mail.

- Des romans qui contiennent au minimum 5 lettres.

- Tout autre genre littéraire composé de lettres.

- Entrent aussi en ligne de compte: les films, les pièces de théâtre.

- Les correspondances entre écrivains.

Je compte faire ce challenge tout au long de l'année 2017. Seule. Ou accompagnée. Si quelqu'un souhaite participer, qu'il se manifeste avant 2018 ou se taise à jamais.