Il faut être clair.. si j'ai acheté Bye bye Blondie de Virginie Despentes, c'est pour le surnom. La première fois où l'on m'a surnommée Blondie, c'était en fin d'année (2012) par deux élèves de Terminale (deux blondes). Et comme ce n'était qu'un remplacement, et que ces jeunes filles étaient sur le point de passer le bac, j'ai accepté leurs invitations sur FB. Comme sur ce réseau, elles m'appelaient encore "Madame", je leur ai permis de m'appeler par mon prénom. Elles n'ont jamais osé, et ont trouvé un compromis entre le Madame et mon prénom: Blondie. J'ai trouvé cela mignon et en même temps très respectueux. Le surnom est revenu une fois encore, en pleine rue. Un SDF, pour m'interpeller, m'a donné ce surnom. Et enfin, le "Blondie" a repris du service l'an passé: un collègue avec lequel je m'entends vraiment bien m'a surnommée ainsi et il m'appelle encore comme ça. C'est aussi pour cela que j'ai baptisé ce blog "blondie_madame" (pas très punk...mais bon)...Par voie de conséquence, le roman de Virginie Despentes, Bye bye Blondie, ne pouvait que se trouver entre mes mains.

modle-girl-portrait-de-style-de-balancier-de-mode-54381333Bye bye Blondie, c'est l'histoire d'une jeune femme qui picole, se drogue, a des accès de fureurs violentissimes. Une nana punk qui s'attaque aux plus forts, qui cherche la baston et les coups. Elle zone, passe ses journées dans les bars. Quand elle ne se biture pas, elle erre tout cradingue dans les rues, et quand elle n'erre plus, elle casse la gueule à tout le monde. Et, une fois qu'elle ressort de la rixe forte, puissante mais amochée, elle boit pour oublier, elle s'envoie des rails de coke, se pique à l'héro pour oublier qu'elle a bu. Elle est stone donc heureuse -ou plutôt anesthésiée de tout-, et quand elle redescend, elle picole encore et encore pour oublier sa propre misère. Voilà le quotidien de notre Blondie, Gloria. Et puis, un jour, elle retrouve Eric, par hasard, en pleine rue. Eric, le Nancéen d'origine a vu sa carrière décoller et fait désormais partie du showbiz: il est animateur à la télé. Ils parlent quelques minutes. On sent qu'ils ont été proches, que notre Blondie est touchée, émue d'avoir retrouvé quelqu'un de son passé, d'avoir revu l'homme de sa vie. Au lieu d'aller se blottir dans ses bras, de lui dire à quel point il lui a manqué et comme elle est heureuse de le revoir, elle l'envoie bouler et lui dit au téléphone: " [...] j'en ai plus rien à foutre de te voir [...], RIEN A FOUTRE de ta sale gueule de pauvre connard, Ok? retourne à ta télé, blaireau [...]" En langage "Blondie", ça veut dire "je t'aime et je ne veux pas t'oublier".

Blondie, c'est une vraie punk, une vraie nana qui n'a qu'une seule ambition dans la vie: se défoncer, et tout détruire. Après cet épisode relativement violent, Gloria revient sur son adolescence et sur sa rencontre avec Eric. Leur idylle n'a pas grand chose de romantique: ils se sont rencontrés à l'hôpital psychiatrique. Et, une fois sortis, ils se sont revus, suivis, aimés. Une punk zonarde et un punk bourgeois: le couple détonnant en somme. Elle raconte leurs aventures, leurs rixes, leur vie de débauche. Jusqu'à leur séparation: Eric a été envoyé dans un pensionnat en Suisse par sa famille à cause de sa mauvaise fréquentation et de l'inflence plus que néfaste de la punkette Gloria.

Et puis, on revient dans le présent de Gloria, défoncée à longueur de journée, et on nous raconte ses retrouvailles avec Eric ainsi que la continuité de leur relation, la poursuite de leur histoire avortée quinze ans auparavant...jusqu'à ce qu'elle fasse tout foirer une fois encore. 

punk_blonde

blonde-punkCe n'est pas un mauvais roman. Il m'a beaucoup fait penser à l'atmosphère un peu grunge que j'avais découverte dans les Jolies Choses: l'alcool, la drogue, le sexe, les excès.. Le style de V. Despentes est à l'image des atmosphères qu'elle dépeint: hard, sombre, "destroy". Je pense que ce langage a ses limites. Et moi, je m'en lasse un peu; même si ça me fait marrer pendant 100 pages. Idem pour l'histoire. Arrivé aux trois quarts, on est vite lassé finalement de ce cycle infernal. Au début, Gloria est assez attachante, elle génère un peu de pitié. A la fin, on n'a qu'une envie, c'est qu'elle en finisse. J'ai trouvé les vingt dernières pages un peu longues et rébarbatives.  Le côté punk ma quand même attirée au début: parce que c'est original, parce que ça bouscule un peu les codes, l'ordinaire. Mais trop de punk tue la punk attitude. Je sais que dans ma personnalité, il y a parfois un petit côté punk qui ressort. De façon plus que ponctuelle, en dose homéopathique. Je menace souvent les gens que j'aime bien que je peux risquer de leur casser la figure; mes doigts d'honneur sont aussi des gestes purement affectifs. Ok, c'est très caché... mais peut-être un peu présent quand même...

En réalité, si les gens devaient me qualifier, je crois que jamais le mot "punk" ne leur viendrait à l'esprit. Hey, j'ai quand même eu les cheveux roses (bon, ok, c'était du pastel. Oui, c'était sur quelques mèches; d'accord c'était lavable au premier shampooing et j'avais fait ça pendant les vacances...). J'ai quand même un blouson en (faux) cuir noir. Je fais des doigts d'honneur et je dis facilement "je t'emmerde". Ce n'est peut-être pas très punk dans l'absolu. Mais, pour une prof de français.... ça l'est déjà beaucoup plus, non?

En vrai, et pour de vrai, mon look ressemble plus à la photo ci-dessous (même coiffure, mêmes vêtements, il manque le trench (c'est tout)..) que celle au-dessus...

blondie

Ce n'est pas un peu punk? Même pas un petit peu? Il y a du noir quand même... Bye bye punky...

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Participation au challenge d'Enna: Le petit Bac 2017 (ligne 2 SURNOM: BLONDIE)

lpb