Je ne connaissais Musso que de nom et surtout à travers les avis ou plutôt a priori que les gens en ont. Guillaume Musso, comme Marc Levy, sont mal considérés. Ce sont des auteurs populaires donc réservés aux non-littéraires. Ils fournissent une littérature - qu'on ne peut pas qualifier de littérature d'ailleurs, de bas-étage. Ils sont les bas-fonds. Voilà ce qu'on peut entendre un peu partout, chez les Grands Critiques, les Grands Connaisseurs de la Littérature... On pourrait croire que j'exagère. Mais non. A plusieurs reprises, j'ai entendu des personnes critiquer à tout-va ces deux auteurs, les mettre au pilori  et tirer à boulets rouges sur eux. En faisant cela, ces gens se moquent aussi des lecteurs qui osent dire -oh sacrilège honteux... qu'on les brûle sur place- qu'ils ont apprécié un roman de Musso.  Quand le lecteur lévimarcien ou mussoguillaumique demande aux grands Littérateurs: "vous avez déjà lu un de ces auteurs?" Les Grands Connaissseurs Littéraires répondent dédaigneusement: "Non, nous ne lisons pas cela." On peut alros et à juste titre se demander qui est l'idiot, l'imbécile; et se mettre d'avis que l'inculte n'est pas celui qu'on croit. Se baser sur des a priori, sur ce que la Grande Critique nous dit, pour se forger un avis... Cela montre la vanité des fameux littéraires et leur façon mielleuse de se fondre dans un moule formaté par ces grands et merveilleux critiques.

Pourquoi y aurait-il forcément une culture des intelligents et une culture pour les cons?

Pourquoi nos goûts doivent-ils être conditionnés par les "bons-penseurs"?

En général, ceux qui critiquent Musso, Levy et d'autres auteurs populaires, sont de bons petits chiens qui obéissent à ces dictateurs culturels. Ce sont des débats à vide. Les profs de français, en général, sont assez agaçants avec ça. Vraiment. Nos élèves lisent de moins en moins, voire plus du tout. Et quand nous avons quelques lecteurs, nous nous moquons du genre de littérature qu'ils lisent. On les complexe. Il faut arrêter le massacre. Combien de fois des élèves se sont excusés d'avoir lu ces auteurs récriés par ceux qui représentent la Culture? C'est insupportable. Jusqu'à cette semaine, je n'avais jamais lu Musso. Je ne m'étais jamais permise d'émettre toute forme de jugement. En revanche, j'ai beaucoup lu Marc Levy. J'ai détesté ses quatre derniers romans. Je les ai trouvés insipides. J'ai véritablement adoré les autres. Même si les histoires ne cassent pas "trois pattes à un faisan" (citation d'Eimadolly qui me fait bien marrer), je trouve l'écriture agréable et certaines tournures de phrases sont à tomber. Je suis prof de Français. J'ai lu et aimé Marc Levy. Et si cela fait de moi une prof de seconde zone, une imbécile qui n'y connaît rien en Littérature... je m'en contrefiche. 

Deuxième argument pour étayer ma thèse avant que je passe clairement à mon avis sur 7ans après de Guillaume Musso: Il y a quelques années, j'avais osé dire que j'adorais Patrick Modiano. J'ai vu des haussements de sourcils, des grimaces et des "Non, Modiano, je ne peux pas", "Modiano, je ne le supporte pas", "je n'aime pas du tout son style". Dans l'entrefait, Patrick Modiano avait reçu le prix Nobel et là, cela a fait comme un phénomène à mon oreille...ceux qui avaient craché leur venin sur mon Patoche étaient en train de le placer sur un piédestal... Hypocrisie quand tu nous tiens.

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Me revoilà aujourd'hui pour évquer 7ans après de Guillaume Musso. Il s'agit d'une espèce de thriller sentimental. C'est le côté sentimental qui m'a plus gênée car je n'aime pas les histoires d'amour. Nikki et Sebastian se sont aimés, séparés, puis détestés. Ensemble, ils ont eu des jumeaux: Jeremy et Camille. Après leur séparation, il a été convenu par le psychorigide Sebastian que Jeremy vivrait avec Nikki, sa mère un peu délurée, un peu passéiste alors que Camille vivrait avec son père strict. Dit comme ça, on a l'impression de voir l'opposition entre les Bouley et les Lepic. Les choses seront effectivement moins drôles et les personnages beaucoup moins attachants. Un jour, Jeremy disparaît. Et, les parents ennemis vont devoir se serrer les coudes pour rechercher leur fils. Ils se lient alors et mènent une enquête à leur compte, non-officielle puisque Jeremy a quelques casseroles judiciaires et aucun des deux parents ne veut réveiller de vieilles histoires. Progressivement, leur enquête va les mener à Paris, où ils vont revivre certains moments de leur histoire d'amour. Mais, ils ne sont pas à Paris pour vivre une seconde lune de miel mais bien pour échapper aux forces de l'ordre américaines, puis françaises. En effet, avant leur cavale, ils ont commis un crime. C'était de l'autodéfense. La scène décrite dans ce bar est hard, dynamique et vraiment bien faite, digne d'un vrai thriller. Le problème, c'est qu'une fois qu'ils sont arrivés à Paris, on comprend ce qui va se passer. Le thriller qui avait bien débuté se délite et perd vraiment de sa superbe.

Ils vont ensuite poursuivre leur enquête pour chercher Jeremy et, dans l'intervalle, découvrent que Camille aussi a disparu. Avec l'aide d'une jeune flic, qu'ils ont essayé de tuer auparavant, ils vont partir en Amérique du sud car des pistes, des indices, les mènent là-bas. L'histoire est cousue de fil blanc. On sait d'ores et déjà ce qui va arriver. Certains éléments arrivent comme un cheveu sur la soupe et permettent les pires subterfuges. C'est dommage. Il y a ce côté sentimental qui prend trop le dessus. 7 ans après est qualifié de thriller mais il n'en est pas un dans l'absolu. Certaines scènes sont vraiment bien racontées et sont assez cinématographiques: on sent bien le suspense, c'esr haletant mais ça retombe assez vite. Côté style, il n'y a aucune horreur à déplorer. C'est plutôt bien écrit, assez agréable.

Mon avis sur 7ans après de Guillaume Musso  reste assez mitigé mais je vais en lire un autre. Juste pour voir si je retrouve les mêmes défauts... ou pas. En même temps, le mot "thriller" fausse l'idée de la lecture. Pour moi, ce n'est pas un thriller, et l'horizon d'attente a donc été déformé dès le début. Je ne regrette pas du tout cette lecture de vacances, qui m'a bien occupée un après-midi; je n'ai pas eu l'impression de perdre mon temps en lisant 7 ans après.

Verdict: Non, il ne faut pas jeter les livres de Musso à la benne. Néanmoins, il faut arrêter toute forme de préjugés, d'idées préconçues qui nous empêchent de nous ouvrir à la culture. La littérature ne doit pas être restrictive, étriquée mais large, comme nos esprits. (bordel de merde)