Quand j'ai vu le titre rouge sur le couverture blanc cassé-beige Gallimard: JEUNE FILLE, j'ai succombé. C'est un peu le surnom dont j'ai été affublée ces derniers jours malgré mes trente ans. D'une façon symbolique, "sentimentale", j'ai acheté Jeune fille d'Anne Wiazemsky.

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Il s'agit d'une autobiographie. Anne Wiazemsky est la petite-fille de François Mauriac, d'après ce que j'ai compris, et aussi une comédienne. Dans son autobiographie, elle raconte sa vie particulière d'dolescente-apprentie comédienne. Elle raconte ses débuts d'actrice où elle apprend la dure loi du métier tout en menant sa vie d'adolescente avec ses premières fois, ses premières expériences. Elle va être prise sous l'aile de Robert Bresson. Son mentor, son protecteur qui va la protéger comme il va la malmener. J'aime beaucoup ce genre de relation. J'aime bien cette idée de faire confiance à une personne plus âgée, de tout lui accorder, de l'écouter absolument. J'adore cette relation d'admiration... Je crois que c'est mon côté "jeune fille". C'est peut-être pour cela qu'on m'a surnommée ainsi. 

"Dès que je le retrouvais, la peur s'estompait. Il me parlait avec infiniment de délicatesse, me considérait comme un être précieux doté de qualités que lui seul percevait. Pare que soudain j'existais pour quelqu'un, je me sentais pour la première fois exister et c'était au sens premier du mot bouleversant. [...] Il tissa, jour après jour, un lien subtil qui me retenait attachée à lui."

On suit les prises cinématographiques d'Anne, jeune fille en fleur, et parallèlement on la suit dans ses moments les plus intimes et la prise de conscience qui se fait en elle. Elle va avoir une relation avec Ghislain, un type qui travaille sur le tournage (et dont j'ai oublié la fonction) qui va l'initier aux plaisirs de la vie. Anne va donc être guidée par deux hommes tout au long de cette aventure: Robert Bresson, pour le côté professionnel, Ghislain pour l'aspect plus intime. C'est à ce moment-là que l'expression "jeune fille" prend tout son sens: celle que l'on modèle à sa guise, celle que l'on forge, que l'on construit. La jeune fille qui n'est plus tout à fait l'enfant et pas encore une vraie femme. "Jeune fille", c'est la candeur, la fraîcheur. L'expression "jeune fille" sied à merveille à une adolescente, à cette adolescente de 17 ans. Lorsqu'on l'associe à une trentenaire cela pose question, non?

Je ne suis pas une grande fan de cinéma. Je n'aime pas spécialement les autobiographies. j'ai pourtant adoré cette lecture. J'ai trouvé le style agréable, frais, poétique et joliment mené. J'ai bien apprécié cette "jeune fille".

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Ce livre me permet de valider le challenge Le petit bac d'Enna: Sphère familiale: jeune FILLE

lpb