LES HAUTS DU BASJe ne connaissais pas du tout Pascal Garnier avant de tomber sur l'un de ses romans dans ma petite librairie préférée. Il y avait une note de mon libraire sur ce roman: "cynique, cruel et drôle" ou quelque chose comme ça. L'avis était bien plus long mais ce sont les mots que j'ai retenus et qui m'ont invitée à acheter le livre sans prendre le temps de lire la quatrième de couverture; chose que de toute façon, je ne fais quasiment jamais..

J'ai donc acheté Les Hauts du Bas et je me suis régalée. Je partage l'avis de mon libraire: "cynique, cruel et drôle". On entre directement dans le roman et on se retrouve en voiture avec Edouard et Thérèse, dont la conduite nerveuse et dangereuse de la seconde agace énormément le premier. On ne sait pas quelle est la nature de leur relation. On l'apprend au bout de trente pages. Sont-ils voisins? mari et femme? moniteur d'auto-école et élève? Le mystère plane au tout début et laisse place à l'imagination la plus farfelue du lecteur. Et puis, ce duo qui resemble un peu aux Bidochon, fait escale dans un coin de verdure pour pique-niquer.

"Et si...
- Si quoi?
-  J'allais dire une bêtise, monsieur.
- Dites toujours.
- Si après le marché nous allions pique-niquer?
- Ce n'est pas une bêtise, c'est une connerie! Vous avez bu, Térèse?... C'est la meilleure celle-là!...Pique-niquer!"

Le déjeuner entre les deux est à se tordre: les dialogues sont enlevés, dynamiques. Il y a des passages assez bucoliques, très poétiques, et en une phrase, l'auteur nous replonge dnas l'univers de la farce. Et c'est ce que j'ai adoré dans ce roman: le passage instantané du sublime au grotesque, un peu comme dans le drame romantique Hugolien. On a des jolis passages qui s'élèvent jusqu'à la sacralisation poétique et puis l'on rechute à pic dans le gras, le loufoque. Ce sont ces montagnes russes que l'on traverse durant tout ce roman. L'ordinaire, le banal côtoient le digressif et le farfelu: ce qui donne un aspect très particulier et appréciable au texte.

Notre duo va ensuite se retrouver chez Edouard où s'ensuivent des débats, des discussions houleuses, des disputes sans précédent et puis un retour au calme immédiat. Le quotidien de ces deux-là va être perturbé par l'arrivée d'un jeune homme qui prétend être le fils d'Edouard. A l'émotion vive et au ravissement de Thérèse, se superpose la cruauté et l'indifférence d'Edouard. De même, les dialogues ici sont détonants. L'hstoire va ensuite se poursuivre de façon toujours plus farfelue, de plus en plus incroyable. Avec Les Hauts du Bas, tout est drôle, même les drames. La thématique de la mort est amusante. On ne s'apitoie pas, on rit. C'est incongru, certes, mais c'est drôlement noir. C'est grinçant, décadent mais rien n'altère le style très poétisé du talentueux Pascal Garnier.

En faisant mes petites recherches, j'ai découvert que cet auteur était décédé en 2010... Je dois donc me raccrocher aux écrits passés. Je vais sûrement lire ses autres romans car j'ai accroché à ce style particulier, cette façon d'écrire. Si l'histoire ne casse pas des briques, c'est le procédé d'écriture qui m'a envoûtée. Comme je l'ai souvent répété, le pouvoir des mots comptera toujours plus à mes yeux que l'intrigue en elle-même.

 

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