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Pour le challenge de Philippe, il faut lire une trilogie ou trois livres d'un même auteur. Je suis allée au-delà de la trilogie puisque ma nouvelle obsession s'appelle Eric-Emmanuel Schmitt qui me rappelle ma folie Modiano d'il y a quelques années (obsession qui n'a pas disparu mais qui a été soignée après avoir fait étudier Dora Bruder à mes premières il y a quelques années). Aujourd'hui, c'est la Schmittomanie qui a pris le relais. Je me suis raisonnée: Non, Blondie... Tu ne peux pas faire étudier un roman de Schmitt, une pièce de théâtre d'Eric-Emmanuel et quelques extraits d'Eric-Emmanuel Schmitt pour l'argumentation. Heureusement qu'il n'a pas écrit de poésie, ça laisse au moins la place à d'autres. Forcément, cette année, je vais faire étudier cet auteur. Si en plus ça peut me guérir...

J'ai donc lu trois pièces de théâtre et quatre nouvelles en une semaine. Pour aujourd'hui, je vais parler des trois pièces de théâtre pour bien être cohérente avec le challenge de Philippe.

Le livre concentre quatre pièces: La nuit de Valognes (lu il y a bien bien longtemps), Le Visiteur, Le Bâillon et L'ecole du diable.

I. Le Visiteur

Le visiteur met en scène Freud, sa fille Anna, un nazi et un inconnu. Dans cette pièce, Anna fait figure de résistance face à un Freud plutôt laxiste ou désabusé par rapport à la situation politique. Rappelons-le,  nous sommes en 1938 après l'invasion de l'Autriche par les troupes d'Hitler. Freud et sa fille sont sur le départ. Ils ont souvent la visite d'un nazi qui les dépouille et qui repart avec un magot conséquent... Jusqu'au jour où Anna se révolte et dit au nazi ses quatre vérités -et là c'est le fantôme d'Antigone qui transparaît à travers Anna- et elle est donc embarquée par le nazi à la Gestapo. Pendant cette absence, Freud va avoir la visite d'un inconnu: est-ce un fou? un mythomane? Est-ce une hallucination représentant l'inconscient de Freud? Est-ce Dieu?

A travers le dialogue entre cet inconnu mystérieux et ce psychanalyste connu et reconnu, se dégage toute une vision du monde, de la croyance, une réflexion sur l'humain... Comme Schmitt sait si bien le faire. C'est grâce à l'intervention d'une force supérieure, d'un personnage quasi-fantastique que Schmitt invite à faire réfléchir. Je crois que c'est sa signature. J'aime son style, j'aime les thèmes qu'il aborde. J'aime tout chez cet homme. J'ai l'impression d'être vraiment connectée à cet auteur: il écrit les livres que j'ai envie de lire. Il met des mots sur mes idées, mes pensées.

II. Le Bâillon

Le Bâillon est une pièce assez originale puisq'elle n'est constituée que d'un monologue. Un homme s'adresse à un autre sans qu'on voie ce dernier. Dans ce monologue le personnage seul en scène exprime tout ce qu'il ressent, revient en arrière, raconte son histoire. Son histoire dramatique (dans tous les ses du terme: vie catastrophique et histoire que l'on peut mettre en scène). Dans ce monologue assez spécifique, on se retrouve forcément dans un élément, un morceau de vie, une anecdote. Une fois encore c'est le génie Schmitt qui frappe avec toute la beauté de l'expression et l'élégance du style.

III. L'école du diable

La dernière est une pièce relativement courte: L'école du diable. Nous sommes dans un monde fantastique puisque nous nous retrouvons en enfer. Par conséquent notre personnage principal est... le diable. Ce diable est en dépression car le mal qu'il fat sur la terre est répétitif et insuffisant. Pour lui les deux guerres mondiales, les attentats, les conflits aux quatre coins du monde, les catastrophes naturelles ne sont que peccadilles. Il veut frapper plus, il veut frapper fort mais il n'a plus foi en ce monde. Alors il demande à ses sbires de trouver des idées plus percutantes pour pouvoir mettre le monde dans un chaos encore plus grand... Chacun va donc exposer ses idées, ses théories. Et à travers les tirades de chaque personnage, on a toute une vision philosophique du monde qui est dépeinte, puis une réflexion sur les modes de pensée... La fin est... surprenante. 

C'est d'une excellence royale, magistrale, intersidérale!