13694876_1759813740967634_533086281_aLes hommes de ma vie s'appellent Philippe (Delerm), David (Foenkinos), Eric-Emmanuel (Schmitt), Marcel (Proust), Emile (Zola), Louis (Aragon), Grégoire (Delacourt), Romain (Puértolas) ou encore Patrick (Modiano). Ce sont mes amants littéraires réguliers. Je ne leur suis jamais infidèle. Je cumule leurs productions de façon compulsive. 

Ces derniers temps, j'ai passé de longues heures ensoleillées avec certains de ces hommes entre mes mains. J'ai parfois atteint le ravissement ultime, le plaisir inouï, et à d'autres moments, est arrivé un certain goût amer mais sans rancoeur du "ce sera mieux la prochaine fois".

Pour la deuxième fois, mon Philou (Philippe Delerm) n'a pas assuré. Avec son dernier roman, il ne m'avait pas épaté plus que cela (avis ici) alors j'ai décidé de replonger dans un des ouvrages précédents: La beauté du geste. Même si le sujet central qu'est le sport ne m'attire pas plus que cela, Philippe Delerm n'a pas tendu la perche à laquelle j'aurais pu m'accrocher durant cette lecture. Son style ne m'a pas sorti la tête hors de l'eau. Un peu noyée dans cette marée montante de noms inconnus, d'illustres sportifs qui n'étaient pour moi que d'étranges inconnus. Donc déçue. Pourtant je l'aime énooooooormément: la preuve ici, , ou encore , par ici, ou encore par-là...

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L'autre lecture mitigée est celle de Grégoire Delacourt. J'adore cet auteur. Même quand parfois l'histoire est un peu mièvre, ou complètement farfelue, il y a le style, la patte Delacourt, la formulation qui fait mouche, qui permettent de donner tout son éclat au livre. L'histoire de son roman La femme qui ne vieillissait pas était plutôt banale: le déroulé de vie d'une jeune fille de son enfance écorchée, d'une adolescence un peu amochée et d'une vie adulte épanouie. Cette jeune femme, Betty, se fait photographier chaque année dès ses 30 ans dans les mêmes vêtements, dans la même position, avec la même coiffure pour voir les changements opérés par le temps qui passe.
Abracadabra on te balance du Dorian Gray au fil des pages: Betty ne vieillit pas à l'extérieur. J'ai bien compris que Grégoire Delacourt faisait l'éloge de la "vieillesse", de l'acceptation de soi au travers du temps... mais c'est maladroit. En fait, il y avait mille moyens d'aborder ce thème et utiliser le biais déjà mille fois employé notamment par Oscar Wilde, fait tomber le roman comme un soufflé. J'espérais avoir l'illumination du style pourtant prodigieux, mais l'intrigue est restée à l'état de mièvrerie. Ça me blesse de dire cela car j'adore Grégoire Delacourt. Dans ce roman, à part la première de couverture, il n'y a pas grand-chose à retenir. Et c'est dommage! Du positif sur mon Greg, il y en a ici et .

pinupEt puis il y a eu David. Le seul et unique. Le vrai. Le grandiose. Le majestueux. Le touchant. Le merveilleux. Mon  idole, mon double, mon cher et tendre Foenkinos. Aucune déception à son actif. Comme j'ai fait étudier Charlotte à mes élèves, autant dire que j'ai lu ce roman au moins 5 fois depuis 6 mois. J'aime toujours autant ce livre. Et récemment, j'ai acheté, lu, dévoré, adoré, été époustouflée par Vers la beauté. Tout y est dans ce roman. C'est tellement Foenkinos, il y a de lui à chaque page, entre les lignes, derrière les mots. Il y a Charlotte aussi à travers la peinture, dans les moments de vie de la jeune peintre. je crois que si je n'avais pas rererererererererelu Charlotte, je n'aurais pas porté autant d'intérêt à ces détails. Puisque cette multiple relecture a eu lieu, j'ai fait plein de traits d'union entre ces deux romans. Vers la beauté est un roman sur l'art, sur la peinture, sur les relations amoureuses (malheureuses comme souvent chez David),les fugues et les fuites du personnage masculin pour se perdre, se retrouver, se pardonner, pardonner à l'autre (comme chez Modiano) et puis il y a l'irréversibilité de certains actes qui nous transforment définitivement: en victime, en bourreau et on en revient également à la fameuse part de l'autre en nous (comme chez Schmitt). C'est un roman puissant à la hauteur du monumental talent de Mon David adoré. J'aime cet homme. Il me touche. J'aime sa sensibilité, sa délicatesse...

Et puis il y a eu Eric-Emmanuel Schmitt...  Je crois que c'est lui qui trône dans mon panthéon littéraire. David Foenkinos doit se trouver à sa gauche... C'est dire à quel point Schmitt m'enchante. Les thèmes qu'il aborde sont ceux qui me questionnent, qui me parlent. Ses oeuvres m'interpellent. Je connaissais Schmitt romancier, Schmitt novelliste, Schmitt philosophe, Schmitt mélomane... Il me semble que je n'avais rien lu de son théâtre. En un mot: BRILLANT. En deux? Exceptionnellement virtueux. Dès que je lis un livre de Schmitt, j'ai toujours cette impression du "c'est exactement le livre que je voudrais écrire" ou du "j'ai écrit ça quelque part". Les esprits parallèles! Les pièces que j'ai lues sont donc les suivantes:  Golden Joe (on y retrouve certains liens avec Dom Juan), Variations énigmatiques, Le Libertin.

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Je n'ai parlé que des hommes mais il y a aussi quelques femmes et notamment la génialissime Colette!

Bye bye,

Blondie.